Sans soutien psychologique, la sortie de la rue reste fragile.
Chez Infirmiers de rue, nous accompagnons des personnes en situation de sans-abrisme vers un logement durable. Mais pour tenir dans le logement, il ne suffit pas d’avoir un toit : il faut aussi pouvoir faire face aux traumatismes, aux troubles psychiques et à l’épuisement que la rue provoque. Aujourd’hui, une grande partie de nos patient·es est concernée par des troubles de santé mentale et l’accès aux soins est souvent compliqué. Derrière chaque histoire de rue, il y a souvent une souffrance psychique, profonde et silencieuse. Pour y répondre de manière plus juste et humaine, Infirmiers de rue a créé un poste de psychologue de terrain. Un soutien précieux, autant pour les personnes que nous accompagnons que pour nos équipes, qui font face chaque jour à des situations complexes et bouleversantes.
Objectif de la campagne : 70.000 euros pour pérenniser le poste de psychologue de terrain jusqu’à la fin de l’année
Son travail soutient les équipes au plus près de leur réalité, en rue et en logement, aide à comprendre les situations complexes, renforce l’accompagnement et construit des ponts avec le réseau de soins. Son travail permet de prévenir les ruptures, d’éviter les rechutes et de rendre l’accompagnement plus solide dans la durée. Pour garantir la continuité de ce poste jusqu’à la fin de l’année, nous lançons une campagne de levée de fonds avec un objectif de 70.000 euros. Votre don finance directement la présence de la psychologue sur le terrain et permet de sécuriser un accompagnement indispensable pour des personnes qui se battent chaque jour pour s’en sortir.

Un enjeu au cœur de notre action
Sur le terrain, on apprend vite que la souffrance psychique ne saute pas toujours aux yeux. Elle peut se cacher derrière un regard fuyant, des paroles décousues, un refus de contact, ou une méfiance profonde. Parfois, elle surgit sous forme de crises mal comprises. Souvent, elle s’enferme dans un silence lourd. Ce qu’on sait, en revanche, c’est que dans la grande majorité des cas, chez nous, 70 % des patient·es en 2024, la santé mentale est au cœur du parcours de la personne.
Et pourtant, elle reste trop souvent laissée de côté, faute de moyens, de ressources, ou simplement de compréhension. C’est pour répondre à cette réalité qu’est né ce poste. Pas pour proposer des suivis thérapeutiques ou se substituer aux soins spécialisés, mais pour soutenir celles et ceux qui accompagnent. Pour créer des ponts entre les réalités vécues sur le terrain et un système de soins souvent trop lointain, trop rigide ou mal adapté. Pour éviter que les troubles psychiques deviennent un frein à la sortie de rue, et au contraire, en faire un levier de rétablissement.
Etat de la santé mentale dans le parcours du sans-abrisme
Les troubles de santé mentale sont très fréquents chez les personnes en grande précarité. Parfois, c’est la rue qui provoque ou aggrave ces troubles : l’exclusion, l’insécurité permanente, les violences, les ruptures, tout ça laisse des traces. D’autres fois, c’est une pathologie psychiatrique qui, faute de soutien ou de soins adaptés, mène à la perte du logement. Dans un sens comme dans l’autre, les liens entre précarité et santé mentale sont forts… et souvent complexes. On ne sait pas toujours si la souffrance psychique précède la vie à la rue ou si elle en découle.
Mais une chose est sûre : plus une personne est en situation d’exclusion, plus les troubles psychiques sont fréquents. Les taux de dépression ou de dépendance à l’alcool, par exemple, sont bien plus élevés parmi les personnes sans-abri que dans la population générale. Et ces dernières années, les crises migratoires ont aussi accentué le phénomène : de nombreuses personnes exilées se retrouvent à la rue, souvent avec un vécu lourd, marqué notamment par des stress post-traumatiques.
Sur le terrain, on voit à quel point un logement peut faire la différence. Avoir un toit, c’est souvent le premier pas vers un mieux-être psychique. À l’inverse, l’instabilité résidentielle ne fait qu’empirer les choses. Mais il faut aussi dire que les troubles mentaux peuvent compliquer l’accès au logement… ou rendre difficile le fait d’y rester. C’est un cercle vicieux qu’on essaie de briser en agissant sur les deux fronts : santé mentale et logement.
Accompagnement en rue et en logement : soutenir les équipes de terrain
Ce poste s’adresse donc d’abord aux équipes de terrain, rue, logement, My Way. Parce que ce sont elles et eux qui, jour après jour, tissent des liens avec des personnes en grande souffrance, souvent sans avoir été formé·es à reconnaître les signes de troubles psychiatriques ni à savoir comment y répondre. La psychologue de terrain leur offre un cadre de réflexion, des repères, du recul. Elle aide à poser des mots, à comprendre des comportements, à ne pas rester seul·e face à des situations parfois très lourdes émotionnellement.
Ce projet est né d’un double constat : les personnes sans chez-soi ont un immense besoin d’écoute et de reconnaissance de leur souffrance psychique et les professionnel·les qui les accompagnent ont, elles et eux aussi, besoin d’outils, d’espaces pour penser, et de relais solides. Parce que pour que l’accompagnement tienne sur la durée, il faut des équipes soutenues, formées, et en lien. Notre ambition est simple : faire en sorte que personne ne soit laissé de côté. Ni les patient·es, ni celles et ceux qui les accompagnent.
Aidez-nous à atteindre 70.000 euros : faites un don et partagez la campagne
