BRUXELLES – LIÈGE, 23 mars 2026 – Contrairement à l’idée largement répandue selon laquelle le sans-abrisme serait un phénomène social inévitable, près de la moitié des Belges considère qu’il est possible d’y mettre fin. C’est ce qui ressort d’un sondage représentatif réalisé par iVOX auprès de 1 000 Belges, à la demande de l’asbl Infirmiers de rue.

Depuis 20 ans, Infirmiers de rue accompagne les personnes sans-abri très vulnérables et de longue date vers un logement durable.

Pas moins de 48 % des Belges sont convaincus que le sans-abrisme en Belgique peut être éradiqué. L’étude montre également à quel point cette problématique est devenue importante pour de nombreux citoyens : près d’un Belge sur dix (9 %) craint de se retrouver un jour sans domicile. Pour Infirmiers de rue, ces résultats révèlent une société à la fois préoccupée et porteuse d’espoir, qui croit en des solutions structurelles.

Une réalité visible qui touche les citoyens

Pour beaucoup de Belges, le sans-abrisme n’est pas une notion abstraite. Près de 8 répondants sur 10 qui vivent ou travaillent en milieu urbain déclarent voir régulièrement des personnes survivre en rue. La confrontation avec cette réalité suscite avant tout des réactions humaines. La majorité des personnes interrogées évoque des sentiments d’impuissance et de tristesse lorsqu’elle croise des personnes en rue. Seule une minorité (9 %) associe spontanément le sans-abrisme à un sentiment de danger.
 

La vulnérabilité financière comme cause principale

Les Belges considèrent majoritairement le sans-abrisme comme la conséquence d’une vulnérabilité financière et sociale, plutôt que comme un choix individuel. Les personnes interrogées citent notamment les difficultés financières, la maladie, le divorce ou la perte d’emploi comme des facteurs pouvant constituer une véritable « glissade vers la rue ». Cette perception des causes explique également pourquoi une part significative de la population estime ne pas être totalement à l’abri de ce risque. « Le fait que près d’un Belge sur dix craigne de devenir sans-abri montre à quel point la frontière entre stabilité et perte de logement peut être fragile », explique Koen Van den Broeck, responsable communication chez Infirmiers de rue. « Le sans-abrisme n’est pas une réalité lointaine. C’est un problème social qui peut toucher chacun d’entre nous. »
 

Un optimisme réel quant aux solutions

Malgré ces inquiétudes, la population belge reste étonnamment optimiste. Presque cinq Belges sur dix pensent qu’il est possible de mettre fin au sans-abrisme. Pour Infirmiers de rue, ce chiffre est un signal fort. « Le sans-abrisme n’est pas un phénomène naturel », poursuit Koen Van den Broeck. « C’est le résultat de choix de société. Le fait qu’une majorité de Belges croit en une solution montre qu’il existe un véritable soutien citoyen pour lutter contre le sans-abrisme de manière structurelle. »
 

Les citoyens veulent aider mais attendent des politiques structurelles

Le sondage montre également que les citoyens se sentent solidaires. Beaucoup apportent aujourd’hui une aide directe aux personnes en rue, notamment sous forme d’argent ou de nourriture (71 % ont déjà donné de la nourriture ou de l'argent). En parallèle, la prise de conscience de la nécessité d’un accompagnement professionnel et de solutions durables progresse.

Les répondants expriment en outre une forte confiance envers les organisations spécialisées, tout en portant un regard plus critique sur l’efficacité des politiques publiques actuelles. « Le message des citoyens est clair », conclut Van den Broeck. « Les gens ne veulent plus que l’on se contente de gérer les conséquences. Ils attendent des solutions structurelles, comme des politiques qui placent l’accès au logement au cœur de la lutte contre le sans-abrisme. »
 

À propos d’Infirmiers de rue L’asbl

Infirmiers de rue agit pour mettre fin au sans-abrisme à Bruxelles et à Liège. L’organisation accompagne des personnes sans-abri de longue durée et très vulnérables vers une nouvelle vie dans un logement stable. L’attention portée à l’hygiène, à la santé et à l’estime de soi, la collaboration avec d’autres organisations, la création de solutions de logement et la mobilisation de l’opinion publique constituent les principaux leviers de son action.

À propos de l’étude

Enquête en ligne réalisée par le bureau d’études iVOX entre le 12 et le 17 novembre 2025 auprès de 1 000 Belges, représentatifs en termes de langue, de sexe, d’âge et de niveau de diplôme. La marge d’erreur maximale est de 3,02 %.

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