Une année s'est écoulée depuis que nous avons rencontré Monsieur H.* pour la première fois en rue.

Beaucoup de citoyens nous avaient fait part de leur inquiétude, tout comme le reste du réseau d'aide aux personnes sans-abri de Bruxelles.

En effet, sa santé (aussi bien physique que mentale) et son hygiène étaient alors catastrophiques.

Sa vie en rue lui avait déjà coûté ses deux jambes, suite à des blessures et des infections répétées. Malgré la couverture jetée par-dessus afin de les cacher, l'odeur de ses moignons, très mal soignés, était forte et alarmante.

La situation devenait critique : Monsieur était devenu un danger pour lui-même.

Il fallait agir le plus vite possible.

C'est pourquoi, il y a quelques mois, nous avons pris la décision difficile de le mettre en observation urgente, c'est à dire sans son consentement.

Ce n'est jamais facile de faire ce choix, car nous avons l'impression de ne pas prendre en compte la volonté du patient. Mais si sa vie est en jeu, c'est notre devoir (et notre métier) de le faire.

En collaboration avec l'hôpital, nous commençons par soigner ses jambes.

Ensuite, nous entamons un suivi psychiatrique. Petit à petit, Monsieur se révèle à nous et formule la demande d'obtenir des prothèses pour ses jambes.

Après ces quelques semaines d'hospitalisation, nous lui trouvons une place dans un home, où nous mettons en place avec lui son projet de prothèses.

C'est un travail de longue haleine, mais après 5 mois, Monsieur peut finalement quitter sa chaise roulante pour entamer sa rééducation.

Cela fait maintenant 2 semaines que Monsieur utilise ses prothèses, voyez comme il se débrouille bien !

 

(*) Nous mettons tout en œuvre pour respecter la vie privée de nos patients et notre secret professionnel. Nous voulons néanmoins témoigner de la façon dont ils doivent survivre et de la manière dont nous travaillons ensemble à leur réinsertion. Par conséquent, le nom des lieux et des personnes sont volontairement omis ou modifiés et des situations vécues sont placées dans un autre contexte. Il n’y a pas de lien direct entre les photos et les histoires ci-dessus.

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