Semaine de la santé mentale (10-10 au 16-10)

Un de nos patients en logement souffre de graves problèmes psychiatriques.

Malgré le fait que ce monsieur a un chez lui, notre équipe de terrain tend à se décourager.

En effet, cette personne ne se soucie pas de l'entretien de son lieu de vie, bien qu'elle vient y dormir et l'utilise comme un lieu sûr pour s’administrer des drogues.

En ce sens, il est important que ce patient ait un logement et qu'il s'y maintienne, même s'il n'y a actuellement pas de traitement adapté pour lui.

Notre équipe a décidé de bientôt nettoyer complètement l’endroit. Mais le contact reste difficile avec ce patient.

Malgré la complexité de cette situation, nous recevons très peu de soutien de la part des institutions / hôpitaux psychiatriques, qui partent du principe  que ce monsieur n'est pas un danger pour lui-même ou pour son entourage, et qu'il  n'est donc pas question d'une hospitalisation forcée (mise en observation forcée).

Chez Infirmiers de rue, nous sommes particulièrement proactifs avec ce type de profil dans notre approche.

Sans doute parce que nous sommes parfois confrontés à des décès, comme nous suivons nos patients sur le long terme... Ce qui n'est pas toujours le cas des institutions.

La problématique des patients / personnes psychiatriques en rue et en logement (77% de notre public en 2021), est très importante. Les équipes ne sont pas vraiment outillées pour ce genre de personnes, si bien que nous  travaillons actuellement sur une piste pour engager un.e psychiatre en soutien de l'équipe.

De plus, cette partie de notre public pèse lourd sur l'image des personnes sans-abri en général, et sur nos équipes, pour qui l’accompagnement est rendu beaucoup plus fastidieux.

Malgré ces difficultés évoquées, nous avons tout de même souvent observé un rétablissement impressionnant chez les personnes avec des problèmes de santé mentale.

En effet, une fois ces patients sortis de leur contexte de rue et avec un traitement adapté, l'évolution peut s'avérer très positive et perdurer indéfiniment.

Cela nous donne de l'espoir et nous conforte dans l'idée que le logement est indissociable d'une bonne prise en charge et que c'est ensemble, avec les professionnels, les citoyens et les politiques, que nous parviendrons à mettre fin au sans-abrisme.

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