La situation des personnes sans-abri en Wallonie ne cesse de s’aggraver ces dernières années. Les derniers dénombrements montrent une augmentation continue du nombre de personnes (près de 20.000 en Wallonie) vivant dans la rue ou sans logement stable. Derrière ces chiffres, des associations assurent un travail essentiel : accueillir, de jour comme de nuit, et reloger durablement les plus vulnérables comme le fait Infirmiers de rue.
 

Des subsides essentiels à la lutte contre le sans-abrisme

Ces missions reposent en partie sur les financements publics. Or, depuis plusieurs mois, les nouvelles sont mauvaises et l’incertitude règne dans le secteur. Fin septembre 2025, une association à Charleroi accueillant des femmes sans-abri a annoncé la fin de ses activités, faute de moyens, après l’arrêt du financement “Territoire Zéro Sans-Abrisme”. Un signal inquiétant pour l’ensemble du secteur.

Cette fermeture intervient alors même que le gouvernement wallon avait inscrit dans sa déclaration de politique régionale qu’une « priorité sera accordée au sans-abrisme » et un engagement à « pérenniser et renforcer les programmes Housing First ».

Au niveau fédéral, on retrouve aussi des ambitions dans l’Accord de coopération concernant le sans-abrisme et l’absence de chez soi du 12 mai 2014 conclu entre l’État fédéral, les Régions et les Communautés, ainsi que dans la Déclaration de Lisbonne, qui engage l’Europe à mettre fin au sans-abrisme d’ici 2030.

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Des reculs budgétaires en cascade

Les annonces récentes contredisent ces engagements. Le 19 septembre 2025, le gouvernement fédéral a annoncé la fin de sa participation au Plan Grand Froid, une décision qui enlève encore d’autres moyens au secteur du sans-abrisme.

À Bruxelles, l’absence de gouvernement plonge les associations dans une incertitude totale. En Wallonie, le budget 2025 a déjà réduit les moyens des Relais sociaux ainsi que ceux prévus pour le logement. Et pour 2026, les acteurs de terrain attendent toujours des garanties quant à la poursuite des projets liés au programme “Territoire Zéro Sans-Abrisme”.
 

Territoire Zéro Sans-Abrisme : un programme menacé

Ce programme faisait partie du plan de relance wallon. Son objectif était de financer le développement du Housing First et des accueils de jour et de nuit sur l’ensemble du territoire de la Région. Pour 2024 et 2025, une enveloppe de 34 millions d’euros avait été allouée, dont près de 5 millions pour la Ville de Liège, permettant de soutenir plusieurs initiatives, y compris celle d’Infirmiers de Rue.

Mais à l’automne 2025, aucun projet n’a encore reçu de confirmation pour l’avenir. Le ministre compétent s’était engagé à analyser les dossiers et à en soutenir de nouveaux, mais aucune garantie n’a été donnée à ce jour, ce qui plonge le secteur dans l’inquiétude.
 

Liège : une ville sous pression financière

À ces incertitudes s’ajoutent les difficultés budgétaires de la Ville de Liège, qui réduit elle aussi les subsides destinés aux associations. Ce double effet ciseau – baisse des soutiens régionaux et communaux – menace directement la continuité des services offerts aux personnes sans-abri.
 

Des conséquences humaines majeures

Sans ces financements, de nombreuses associations ne pourront pas maintenir leurs missions d’accueil, d’accompagnement et de relogement. Le nombre de personnes contraintes de vivre dans la rue risque donc d’augmenter encore.

Les dernières mesures d’exclusion du chômage laissent craindre une précarité accrue et une pression supplémentaire sur un secteur déjà sous tension.

L’antenne d’Infirmiers de Rue espère que les pouvoirs publics tiendront leurs engagements afin de maintenir leurs missions.

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