Pendant neuf ans, Monsieur P.* a vécu dans un logement dans un quartier dans lequel il avait ses repères, ses habitudes, c'était chez lui. Mais il était dans une situation très difficile, marquée par des troubles psychiques sévères et une consommation d’alcool extrêmement problématique.
Avec le temps, son état s’est progressivement dégradé. Le lien avec les équipes s’est tendu, les relations se sont compliquées, et Monsieur P se montrait très souvent agressif. Puis, une période particulièrement difficile est survenue : le décès de sa compagne, mais aussi de nombreuses menaces d’expulsion. Cette combinaison d’événements a marqué un tournant. Isolement, conflit avec le voisinage, logement devenu insalubre.
Finalement, après neuf ans, Monsieur P. a été expulsé.
Face à cette situation, nous avons fait le choix de lui proposer un nouveau logement. Avec des doutes. Est-ce que ce ne serait pas simplement déplacer le problème ? Est-ce que ce changement aurait un impact ? Et pourtant...
Dès son emménagement dans une autre commune, les choses ont commencé à changer. Il a entretenu son logement avec soin, plus de conflits, plus de plaintes. La relation avec les équipes s’est apaisée : il est devenu chaleureux, parfois même drôle. Sa consommation d’alcool s’est stabilisée.
Mais surtout : il a mené à bien un projet personnel qui lui tenait à cœur depuis longtemps. En 2025, il a publié un livre sur lequel il travaillait depuis des années. Un projet qui lui a redonné de la force, de l’envie, du sens.
Ce parcours nous rappelle deux choses essentielles
Le pouvoir d’un changement d’environnement, qui peut permettre un vrai nouveau départ.
Et l’importance fondamentale de la notion de projet, qui restaure l’estime de soi, donne une direction, un ancrage. Pour Monsieur P, comme pour beaucoup d’autres, avoir un projet, c’est déjà aller mieux.
- Louis, gestionnaire logement
Un toit, un accompagnement, un projet : rendez cela possible
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(*) Nous mettons tout en œuvre pour respecter la vie privée de nos patient·es et notre secret professionnel. Nous voulons néanmoins témoigner de la façon dont ils doivent survivre et de la manière dont nous travaillons ensemble à leur réinsertion. Par conséquent, le nom des lieux et des personnes sont volontairement omis ou modifiés et des situations vécues sont placées dans un autre contexte. Il n’y a pas de lien direct entre les photos et les histoires ci-dessus.
