Ma grand-mère me disait « combien donnerais-tu pour être comme un autre ? »… et j’ai toujours refusé de donner quoi que ce soit parce que je ne veux pas être comme un autre.

Hier, en accompagnant Monsieur J. sur la piste de bowling, je pensais justement, « il faudra bien un jour que je leur donne de nos nouvelles chez Infirmiers de rue », rassurez-vous, cette pensée ne m’a pas obsédé, je suis resté concentré sur le jeu et j’ai pu gagner la partie, il était temps, d’ailleurs, les trois dernières fois que nous y étions allés, c’est Monsieur J. qui gagnait.

En ce qui concerne le relogement, chez Monsieur, c’est une très belle victoire. Il est pour moi un exemple vivant de notre rôle de bénévole et de votre soutien : « travailler avec le bénéficiaire sa capacité de rester sous un toit ». Ce n’est pas chose gagnée par avance.

Je me souviens de sa résistance, de ses refus de rentrer en fin de promenade, de ses fugues et de sa soif de liberté ; que de temps il a fallu pour s’apprivoiser mutuellement. Je me souviens aussi de votre réactivité lorsque j’ai tiré la sonnette d’alarme quand il a été déplacé d’une première maison de repos à une autre et qu’il fuguait quatre à cinq fois par semaine et des solutions que vous avez mises en place alors que je ne croyais moi-même plus aux bienfaits de cette maison de repos, que je vous avais dit « si c’était mon père, je l’enlèverais tout de suite de là », votre réponse a été plus ou moins « on garde cette option en réserve, il y a peut-être d’autres choses à faire ». Vous avez mis en place des réunions avec Monsieur, avec la direction et vous m’y avez impliqué, vous avez initié un suivi psychiatrique pour lui… et puis, la situation s’est stabilisée.

Tranche inside

Quelques années après, un nouveau déménagement a eu lieu, là, c’est au niveau administratif qu’il a fallu se battre afin que Monsieur puisse être transféré dans la nouvelle maison de repos avec le personnel qu’il connaissait plutôt que déménager dans une maison de repos « imposée par un CPAS » où il aurait perdu tous ses repères… là aussi vous étiez-là avec le service social… et pourtant, Monsieur J., ça faisait quelques années déjà qu’il était relogé, je vous renvoie une réflexion qu’il m’a faite un jour, elle vous concerne aussi « vous, vous ne m’abandonnez pas ».

Un travail de longue haleine, un travail d’équipe où même sans se rencontrer régulièrement, nous pouvons continuer à travailler la main dans la main vers un objectif commun, le bien-être du bénéficiaire… et où cela ne s’arrête pas à « lui offrir un toit ». Finalement, un projet complet et réfléchi où chaque élément du rouage peut ressentir sa raison d’être. De ça, moi aussi je vous remercie.

André, bénévole-visiteur

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