Chaque 10 décembre, le monde célèbre la Journée des droits humains. En 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies adoptait la Déclaration universelle des droits de l’homme, un texte fondateur qui consacre les droits essentiels de chaque être humain et dont la protection incombe aux États.

77 ans plus tard, force est de constater que ces droits sont encore remis en question et trop souvent bafoués.
 

Le droit au logement : consacré mais non effectif

Parmi les 30 droits et libertés consacrés dans la Déclaration universelle figure le droit au logement, inscrit à l’article 25. C’est un droit fondamental également présent dans notre Constitution, à l’article 23. Pourtant, en Belgique, ce droit n’est toujours pas effectif : il n’est pas possible de s’en saisir devant une juridiction, et ce sont les pouvoirs publics qui ont l’obligation de tout mettre en œuvre pour le rendre concret.
 

Une crise aiguë du logement en Belgique

Aujourd'hui, dans notre pays, près de 50.000 personnes n’ont toujours pas de logement. Des enfants dorment dans la rue, et des personnes y décèdent chaque année. Parallèlement, des centaines de milliers de personnes attendent un logement social dans les trois Régions du pays, tandis que d’autres vivent dans des conditions indignes, exposées à des risques pour leur santé dans des logements insalubres loués par des marchands de sommeil sans scrupules.
 

Nous avons le devoir d’agir

Il est essentiel de permettre à toutes et tous d’accéder à un logement digne. De nombreux leviers existent.
 

Augmenter la production et l’accès aux logements publics

Le premier consiste à augmenter la production et la rénovation de logements sociaux. Aujourd’hui, ceux-ci ne représentent que 7 % du parc en Belgique : une proportion insuffisante pour réduire la pression sur le marché locatif, ce qui laisse le champ libre à une augmentation indécente des loyers dans les grandes villes.

Garantir un logement pour toutes et tous implique également de mettre en place des solutions de relogement pour les personnes sans-abri.
 

Reloger les personnes sans-abri : un impératif rendu possible via un quota à Bruxelles

À Bruxelles, sous l’impulsion d’Infirmiers de rue et ses collègues associations, un quota de logements sociaux réservés aux personnes sans-abri a été instauré cette année. Celui-ci devrait atteindre 6 % par société de logements sociaux d’ici 2027.

Ce quota est indispensable quand on sait que l’accès à ce type de logement nécessite des années d’attente et des démarches administratives particulièrement complexes — d’autant plus difficiles à accomplir pour une personne vivant en rue. L’urgence est d’autant plus grande que l’espérance de vie des personnes sans abri se situe entre 45 et 50 ans.

Permettre l’accès au logement social pour les personnes sans-abri, c’est garantir la poursuite des politiques du Housing First, dont l’efficacité est largement démontrée avec un taux de réinsertion dépassant les 85 %.
 

La Wallonie : une mobilisation encore trop faible

Il est donc urgent d’étendre ce quota en Région wallonne, où les listes d’attente ne cessent de s’allonger : 49 945 personnes y sont actuellement inscrites, et près de 19 387 personnes sont sans logement.

La Région wallonne compte 62 sociétés de logements publics, totalisant environ 103 293 logements. Deux dispositifs prévoient théoriquement le relogement de personnes sans-abri via ces sociétés, mais leur mise en œuvre reste très limitée. Par exemple, les logements que les sociétés peuvent réserver aux projets Housing First via les Relais sociaux ne représentent aujourd’hui que 61 logements sur l’ensemble du territoire wallon, soit à peine 0,06 % du parc social.
 

Un devoir collectif pour garantir le droit au logement

Pour atteindre les objectifs fixés au siècle dernier et garantir le droit au logement, il est plus que temps d’accélérer. Le droit au logement abordable pour toutes et tous n’est pas qu’un droit : c’est un devoir collectif. Le logement est un besoin essentiel et ne devrait pas être considéré comme une marchandise soumise aux lois du marché.

Pour vivre dignement, il faut des logements dignes, durables et abordables.

En ce 10 décembre, rappelons qu’il reste énormément à faire pour garantir les droits humains, en Belgique comme ailleurs. Et parmi ces droits, le logement constitue le socle indispensable à bien d’autres.

Agir pour le droit au logement

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